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Lexique » Nom propre » Guilhem IX d'Aquitaine

Guilhem IX d'Aquitaine
Contribution de Elisabeth Féghali

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Déjà, dès le milieu du XIè siècle naît une tradition de poésie lyrique dont l'argument majeur est l'amour.

Et le premier poète, dont l'œuvre nous soit parvenue, est un prince, Guilhem IX (1071-1126), comte de Poitiers et duc d'Aquitaine.

En quelques années la poésie de ce premier troubadour (poète de langue d'oc, de trobar "celui qui trouve", du sud de la Loire) fait de nombreux émules et se propage dans toutes les cours méridionales (ce lyrisme est ainsi dit courtois, la courtoisie regroupe en son sein nombre de qualités et de vertus en rapport étroit avec la vie de cour du XIIè siècle, autant du point de vue moral que social). Mais les troubadours appartiennent à toutes les classes sociales.

Elles seront imitées dans le nord de la France dans la seconde moitié du XIIè siècle par les trouvères s'exprimant en langue d'oïl.

 

Une société médiévale hors du commun

La terre d'oc est un terreau de création, où un sens aigu de la liberté prodigué par les seigneurs occitans du Moyen Age régna en maître et favorisa l'émergence d'une société raffinée. Monde résolument moderne dans lequel la femme était l'égale de l'homme. Mise alors sur un piédestal, le troubadour la parait de toutes les perfections morales et de toutes les vertus : "pretz et valor" (mérite et valeur). Elle suscitait l'amour et l'élévation du poète (image jusqu'alors tenue par la Vierge Marie). Mais cet amour était essentiellement un amour poétique, thème essentiellement développé dans la canso : c'est la fin'amor. Cet amour pur et courtois : 

"Lo respecte de la Dona aimada." 

Mêlée de perfection et d'absolu, cette expression suggère le plus haut degré de raffinement que puisse connaître l'amour. Avec la courtoisie une ère nouvelle s'ouvre : codification des rapports hommes/femmes, qui fait de l'amant le "serviteur", celui qui se doit de s'effacer. L'amour est, dans ces conditions, impossible, car l'assouvissement du désir provoquera la mort de cet amour. C'est la femme qui inspire l'homme, par cet amour de loin, elle amène son amant à se dépasser afin qu'il atteigne la perfection morale.

Etrange contraste (cf. la rudesse des mœurs dans les rapports conjugaux subsiste) qui n'est pourtant pas sans rappeler l'idéal chevaleresque, schéma classique de la féodalité, qui souhaitait de la part du chevalier générosité, obéissance et mérite.
C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les poésies ne visaient jamais la dame du lieu précis et pour plus d'anonymat, le senhal était le nom (sorte de pseudonyme) donné à la dame. Cet amour ne se réalisait que très rarement et dans un genre poétique que l'on nomme l'Alba. Ce Chant d'Aube dans lequel une sentinelle avertit les amants de l'arrivée de l'aube et du jaloux.
Nous touchons là l'originalité de cette poésie propre aux troubadours (troubadour qui se distingue déjà du trouvère par son espace géographique, le Midi de la France).


Apparait alors une civilisation nouvelle : la civilisation occitane fondée sur l'amour de l'autre et le partage. L'épanouissement économique joua un très grand rôle, il fut un facteur déterminant pour l'évolution de cette littérature. Les défrichements (avec les fameux essarteurs), l'évolution démographique, la proximité des grandes villes portuaires ouvertes sur l'Orient qui drainèrent les richesses locales. Le goût du luxe fit son apparition. Vestimentaire, il entraîna un certain raffinement des moeurs. On rechercha le confort, le château se voulut habitation à proprement parler, les cheminées apparurent. Les cours enrichies attirèrent à elles un certain nombre "d'amuseurs" : jongleur, montreurs d'animaux, acrobates et troubadours bien sûr... Cette société nouvelle ne put plus se contenter des moules littéraires antiques. Avec les troubadours apparut la première création poétique depuis l'antiquité avec rejet du latin. Quand la cour se distrayait elle le faisait en langue vernaculaire, en occitan au prestige culturel sans égal dans toutes les cours d'Europe.

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