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Lexique » Substantif masculin » Bas Moyen Age

Bas Moyen Age
Contribution de Elisabeth Féghali

Autres

Le Bas Moyen Age (1300 et jusque vers 1450 )

Ces siècles connaissent une succession de crises :

    • des calamités naturelles avec un climat plus froid,
    • récoltes moindres,
    • famines (1347)
    • épidémies : la grande peste ou peste noire qui apparut en Italie en 1347, se propagea en France pour contaminer toute l'Europe de 1348 au milieu de l'année suivante, elle reparut pour plusieurs mois encore en 1361.
    • La guerre de Cent ans (1337-1452) qui opposa la France et l'Angleterre. Le conflit qui s'est étalé sur plus d'un siècle connaîtra pourtant des périodes de relative accalmie et des périodes de forte activité militaire : Azincourt.

La société féodale connaît de profondes mutations. Il s'agit surtout d'une remise en cause de la chevalerie qui se caractérise surtout par le déclin de l'esprit courtois : la noblesse est accusée de détruire l'esprit de courtoisie.
Même si en février 1401, la Cour d'amour est instituée par Charles VI,  pour donner quelque loisir à la société en proie à l'épidémie de peste, il ne s'agit là que d'un divertissement.

Prise de conscience que tout ceci n'est que fiction et relève surtout de l'embellissement de la vie.

Du point de vue économique


Cette chute se caractérise également par le déclin économique et politique, liés à divers phénomènes :

  • promotion de la bourgeoisie.

Les officiers royaux ne sont alors plus recrutés parmi la noblesse mais parmi le clergé. Le métier des armes n'est plus le seul à ouvrir les portes de la noblesse : justice et finance anoblissent aussi bien que le métier des armes. Les nobles sont souvent ruinés, ils se doivent donc de composer avec les bourgeois.

En politique : opposition entre deux conceptions

  • celle qui se fonde sur l'idéal chevaleresque qui préside à l'art de gouverner les peuples (cf. le règne de Jean II le Bon (1350-1364) qui multiplie les beaux gestes inutiles, erreurs politiques)
  •  une idéologie qui tend au réalisme politique, au pragmatisme, c'est-à-dire à ce que l'on appelait la prudentia, "la mesure".

Il y a donc une différence totale entre l'idéal chevaleresque et une politique plus sournoise, réaliste et pragmatique mais qui atteind son but.
Les chevaliers vont être contestés dans ce qui faisait leur propre justification c'est-à-dire leur supériorité sur un champ de bataille, c'est au moment de la guerre que va clairement se révéler le conflit entre les aspirations de l'esprit chevaleresque et la réalité. Avec les grandes défaites :

  • Crécy 1346,
  • Poitiers 1356,
  • Nicopolis 1396,
  • Azincourt 1415.

Elles montrent les désastreuses conséquences de l'esprit chevaleresque transposé sur un champ de bataille : conception désuète de l'art de la guerre, stratégie sacrifiée à l'esthétique, tactique de prudence qui est en fait une forme de lacheté et nombreux exemples de folie héroïque. Les ordres chevaliers se multiplient comme l'ordre de l'Etoile créé par Jean le Bon : les chevaliers ne devaient pas reculer de plus de 4 arpens devant l'ennemi. Ce geste héroïque a coûté la vie à de nombreux hommes. D'autres erreurs sont à noter et parmi les plus importantes : l'indiscipline des chevaliers français impatients d'engager le combat, volonté manifeste d'être au premier rang…


La chevalerie a périclité face aux besoins suscités par ces temps de guerre. On revient même à des ouvrages qui enseignent la bonne stratégie (romaine avec le Traité de l'Art militaire de Végèce IVè siècle) pour enterrer la chevalerie romanesque.

L'esprit chevaleresque est hermétique à l'apparition d'armes nouvelles, les français méprisent les archers (à l'honneur chez les anglais) car l'arc est utilisé pour la chasse et n'est pas aussi noble que l'épée. Il faudra attendre Charles VII en 1448 pour voir apparaître les francs archers (exonérés de certaines taxes), ils constituaient une forme sociale dangereuse car ils pouvaient s'opposer au pouvoir du roi, d'où leur nombre limité dans les villes.

L'artillerie à poudre apparue en 1340 se révéla assez peu efficace par sa puissance meurtrière mais elle provoquait un effet de surprise non négligeable, plus de peur que de mal : a esbahir les francois.

La métallurgie a fait de gros progrès, les canons ont tonné sur le dernier champ de bataille et avec succès en 1453 à Castillon-la-Bataille, ce qui mit fin à la guerre de Cents Ans.

Honoré Bouvet dans l'Aparicion de maistre Jean de Meung (1398), poème moral et satirique présenté par le biais d'un songe, constate que les français sont trop délicats d'où leurs défaites (Nicopolis, 1396, punition de Dieu envers leur attitude arrogante et déplaisante) et qu'il serait plus sage de recruter des paysans endurcis au travail plutôt que des chevaliers trop habitués au luxe, et il renvoie encore à Végèce.
Christine de Pizan, reprenant ses idées, suggère dans le Livre des fais d'armes et de chevalerie (1410) que cela se fasse parmi les charpentiers et les bouchers.

Décadence morale de la chevalerie.

La chevalerie est contestée, critiquée de partout et elle va en réaction se créer un univers de fiction. Premières critiques sont un cliché rencontré à toutes les époques, les vices :

  • habitude de jurer au nom de Dieu et de médire ;
  • oubli des droits envers Dieu et l'Eglise ;
  • débauche ;
  • arrogance et orgueil.

L'ordre de la chevalerie est sans ordre aucun.

En 1387, l'Arbre des batailles, ouvrage à caractère juridique d'Honoré Bouvet, traite de droit public mais il concerne surtout les droits de la guerre (troisième et quatrième parties). Ses principaux reproches sont la légèreté des chevaliers français qui pour se faire remarquer quittent la ligne de bataille, la cupidité, des actes de violence, la rapacité et des pillages systématiques :

"c'est pourquoi je ne l'appelle pas guerre mais pillerie et roberie"

Le plus condamnable reste le goût du luxe et la débauche qui s'étalait jusqu'alors, se manifeste désormais sur le champ de bataille

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