Numéro 12 - Février 2006
Editorial
Editorial
par Elisabeth Féghali
Croyances & superstitions
Le Cycle des douze jours
par Elisabeth Féghali
Littérature comparée
Etude comparée des oeuvres de J.R.R. Tolkien et C.S. Lewis - Partie I
par Shimrod
Etude comparée des oeuvres de J.R.R. Tolkien et C.S. Lewis - Partie II
par Shimrod
Etats latins d'Orient
La Prise d'Antioche 1/3
par Maxime GOEPP
par Benjamin Saintamon
Linguistique
Introduction à la lexicométrie
par Christian Féghali
Droit médiéval
La lettre de rémission
par Jean-Pierre PHELOUZAT
La terre, la société et le droit
par Jean-Pierre PHELOUZAT
Economie
L'or blanc du Saulnois
par Olivier Petit
Empire Byzantin
La chute de l'Empire byzantin
par Paul Matagne
Croyances & superstitions
L'Ars Moriendi
par Aimeric Vacher
Architecture religieuse
Le Nefin des croisés au Liban (Anf-el-Hajar)
par Elisabeth Féghali
Notre-Dame-des-Vents (Saydet-er-Rih)
par Elisabeth Féghali
La lettre de rémission

Transcription d'une lettre de rémission :
- JJ 231, n°61, folio 30 Vo -

 

 

        Savoir faisons que avons receu humble supplicacion de André Mestrot, aagé de soixante ans ou environ, Françoys et Jaques Mestrotz ses enffans et Jehan Mestrot leur cousin germain, contenant que ausdits Françoys, Jacques et Jehan Mestrot leur compecte et appartient certaine quantité de terre et autres contenant trente septerées ou environ assis en la chastellenie de Montluçon en laquelle les laboureurs par la commune observance d'icelles peult labourer les terres d'aultruy estans en plain pays comme sont lesdites terres desdits suppliants et laissent par celuy qui les a labourez au seigneur utile et perpétuel desdites terres le terraige du quart ou cinquiesme des fruitz croissants esdites terres. Et peult ledit seigneur utile et propriétaire prendre ledit terraige ou temps de moissons de son auctorité privé.

        Pourquoy lesdits suppliants le vendredi VIème jour du moys de juillet denier passé se transportèrent en leursdites terres pour lever le terraige du blé que aucuns laboureurs avoient semés et ainsi qu'ilz le tenoient.

        Survint illec feu Françoys Roque de Montluçon, estant à cheval acompaigné d'aucunes gens ses mectayers et domesticques et incontinant qu'il fut arrivé esdites terres jaçoit ce qu'il n'y ait rien, se descendit de dessus son cheval, l'abandonna, se mit en poupoint, tira une espée qu'il avoit toute nue et estant tout esmeu demanda ausdits suppliants qu'ilz faisoient esdites terres.

        Et lors ledit feu Françoys Rocque leur dist qu'ilz n'y avoient riens qui les garderoit bien de l'amporter.

        Auquel lesdits suppliants respondirent qu'il estoit à eulx et qu'ils l'emporteroient. Et incontinant icelluy feu Françoys Rocque gecta de sadicte espée ung coux d'estoc contre ledit André Mestrot et l'en eust frappé se n'eust esté que se recula et rabatit ledit coux d'une pale qu'il avoit.

        Et lors lesdits François et Jacques ses enffans et Jehan Mestrot, voyans le danger où estoit leurdit père et cousin, le voullans sauver et secourir se approchèrent dudit feu Françoys Rocque et l'ung d'eulx luy bailla d'un baston de boys ou d'une palle ou goyart qu'ilz avoient ung cous sur la teste dont il tumba à terre et fut blessé en l'un des dois.

        Et lesdits enffans pour obvier qu'il ne tuast leur dit père luy bailhèrent desdits baston, palle ou goyart deux coux sur le corps sans luy faire playe ne sang.

        Et après ce, ledit feu Françoys Rocque monta sur son cheval, s'en alla à Montluçon où il se mist es mains des cirurugiens et depuis a esté à pié à la messe en sa parroisse.

        Et tentost il print une fièvre chaulde, coutume qui l'a tenu cinq jours ou environ, et jusque au mercredi premier jour du présent mois d'aoust qui souppa à table, feist bonne chère et après se mist en sa chaize ou environ dix à unze heures de soir il alla de vie à trespas.

        Et combien quelesdits suppliants soient doulx, paisibles, de bonne vie et honneste conversatcion et ne ayent jamais fait tours ne esté certainement convaincus d'aucun aultre villain cas, blasme ne reprouche, et que ledit cas soit advenu de chaulde volle et eulx deffendans, néantmoins les officials de la justice dudit Montluçon ont prins et mis en main de justice leurs biens, les ont fait adiouner à comparoir en personne à ban, donné certains deffaulx contre eulx et fait certaines autres procédures et reffuz de les recevoir en leurs justificacions. Dont leur procureur a appellé et toutesvoyes, ilz ont procédés contre lesdits suppliants lesquelz doubtans rigueur de justice se sont absentez du pays où ilz ne oseroient jamais converse ne repairer se noz grâce sont humblement requis par eulx.

        Pourquoy nous ordonnons au bailly de Saint Pierre le Moustier en la juridicion duquel est issu ladite cause...

        Donné à Estampes ou mois d'aoust l'an de grâce mil IIIIc IIIIxx XVIII...

        Ainsi signé Par le Roy à la relacion du condeil
       
        Morelot. Visa contente. O. Rude.

Transcription de Jean-Pierre Phélouzat


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