Numéro 16 - Mai 2008
Les Tems d'Ars
Li Cris le Herault
par Elisabeth Féghali
Hauts personnages
René II duc de Lorraine
par Olivier Petit
Lieu de Pélerinage
Notre-Dame de la Fin des Terres de Soulac-sur-mer
par Elisabeth Féghali
Jeux & divertissements
Assassin's Creed
par François-Xavier Féghali
Montjoie !
par François-Xavier Féghali
par Shimrod
Cuisine médiévale
Vin doulx
par François-Xavier Féghali
Ouvrage
Les salles des croisades du château de Versailles
par Elisabeth Féghali
Reportage
Le Château de la Mer - Saïda (Liban)
par François-Xavier Féghali
par Elisabeth Féghali
Musique
Village Lanterne - Blackmore's Night
par François-Xavier Féghali
Croyances & superstitions
Conseils pratiques
par François-Xavier Féghali
Montjoie !

Montjoie !

le jeu

 

Jeu de carte/plateau(*) adapté à l’ordinateur, vous entrez dans le monde de la domination des villes pendant la Guerre de Cent Ans, en incarnant l’une des factions, France, Angleterre, Bourgogne, Navarre, Bretagne ou Flandres qui se sont disputées le royaume de France durant près de vingt ans (1337-1454).
Montjoie ! est un jeu « tour après tour », c’est-à-dire que chaque joueur joue l’un après l’autre comme avec des cartes classiques et un plateau de jeu. Il y a quelques années, ce mode de jeu existait pour des Ultima ou Civilization mais sans la notion de carte (à jouer), puis est apparu Magic The Gathering, mais qui reste en deçà de Montjoie !

Installation
Installation très simple et rapide. A l’heure où les jeux font quelques centaines de Mo ou encore Go, Montjoie ! est un régal pour le disque dur de la machine avec ses 33 Mo. Un clic sur le fichier d’installation (setup.exe) lance la procédure qui ne dure que quelques minutes. A la fin le jeu est lancé automatiquement.
Supportant DirectX et OpenGL, pour les bâtiments en 3D, le jeu s’adapte à toute configuration d’écran. Nous l’avons essayé sur un Full HD de 1920*1280 sans aucun problème, l’auto-détection marchant parfaitement. Des résolutions plus exotiques sur le même écran ont provoqué des erreurs DirectX mais c’était pousser un peu loin les tests. D’ailleurs la 3D étant peu présente, n’importe quelle configuration est en mesure de faire fonctionner le jeu.
Voici d’ailleurs la configuration recommandée : PIV 2Ghz ou équivalent - 512 Mo de RAM - Carte graphique 128 Mo compatible DirectX 9.0C - Carte son Compatible DirectX 9.0C – 50 Mo d’espace disque.

Tutoriel
Nécessaire pour comprendre le fonctionnement et les subtilités du jeu, il est très bien présenté et vous propose pour chaque action expliquée de la mettre en pratique tout de suite. Il faut compter une bonne heure pour regarder les scènes cinématiques explicatives et lire les textes historiques (surtout sur « Evènements aléatoires »). Les scènes de combats sont sans aucune prétention, et très sympas, gardant l’iconographie au plus près de l’esprit médiéval.
A la fin du tutoriel, vous pouvez soit le rejouer, soit vous référer au lexique du jeu, qui reprend les grands concepts et vous donne tout de suite l’information requise. Il est à noter l’existence d’un lexique des noms propres et des évènements de la Guerre de Cent Ans (« Règles du Jeu & Lexique »). On peut également jouer en réseau avec d’autres joueurs, mettant à profit sa propre sagacité contre l’esprit humain.

Le jeu
Au son d’une musique douce et peu stressante (se désactive quand même dans les « options »), vous avez le choix entre la « campagne historique » ou le mode « partie libre ». Ce type de jeu tour par tour oblige, comme dans un jeu sur tapis, à regarder et attendre que les autres jouent, ce qui peut paraître lent. Par bonheur les concepteurs ont ajouté un bouton pouvant accélérer le jeu ce qui permet de voir le résultat des autres rapidement (mais au début je vous déconseille de changer la vitesse, car la lenteur initiale est bien pratique pour comprendre le déroulement des phases de jeu).

« Chaque ville rapporte de l’or qui permettra aux joueurs d’acheter des châteaux, des forteresses et des cartes d’armées. Chaque tour, les joueurs réalisent des extensions pour s’emparer de villes libres et y déposer une garnison, puis tentent d’assiéger les villes des autres factions en jouant des cartes d’armées. Les cartes d’armées contiennent une série de cartes spéciales comme l’ingénieur, le félon, la retraite, le signe de dieu, l’ambassadeur ou les écorcheurs qui permettent des actions spéciales, comme démolir les châteaux ou piller les terres ennemies. Des événements, tels l’épidémie de peste, l’intervention du pape, les grandes batailles, les trêves sont déclenchés chaque tour en fonction de l’état politique de la France (Paix ou Guerre) voté par les joueurs. »

Chaque Scénario comprend une description historique complète, vous pouvez consulter une frise historique qui vous permet de situer le scénario dans son contexte, ou appuyer sur la touche F1 pendant le jeu afin d’afficher une aide (des liens hypertextes vous permettent de parcourir l’aide sur le nom des grands personnages ou les évènements marquants).

En mode historique
Après avoir choisi sa faction, on a le choix entre 8 campagnes. Bien évidement à la première partie en 6 tours débouche sur une défaite cuisante ! Il convient d’aborder les campagnes de façon sereine et progressive et donc de commencer par la « Succession de Bretagne », vous verrez ce n’est pas aussi simple que ca, surtout lorsque les dés sont contre vous.

En mode partie libre
Vous choisissez un type de scénario plus ou moins long, contre un nombre modulable d’adversaires. Seul manque, une partie libre du type death match des anglo-saxon ("match à mort" ou "sans limite"), qui permettrait de jouer plus de 12 tours, jusqu’à la conquête totale de la carte. Ce mode permettrait de jouer par petites actions réparties sur toute une journée !
Petit défaut, lorsqu’on est attaqué et que l’on n’a pas fait attention à quelle ville on s’en prend, il n’y a pas de texte indicateur pour dire la ville concernée. Cela est un peu gênant car on ne sait plus qu’elle force mettre en opposition, dès fois que l’on veuille garder ses cartes pour des villes plus stratégiques.

 

Pour moins de 25 euros en téléchargement, Montjoie ! est un très bon jeu sur PC. On y retrouve ce qui a fait le succès du jeu de plateau, dans une interface conviviale mêlant 2D et 3D et remplaçant efficacement un joueur humain. L’avantage de cette monture est que vous pouvez faire une partie étalée sur un long moment de la journée, le programme vous attendant quand il requiert votre attention. Les multiples allées et venues entre le jeu et les applications de notre machine de test (sous Vista par ailleurs) ne posent aucun problème de robustesse à l’application.
Changer de faction ou de stratégies de jeu (attaques ou paix) multiplient le niveau de variétés et donnent un gameplay ("temps de jeu avant que l’on ait terminé tous les scénarii") assez long.

Montjoie ! conviendra dans son contenu aux enfants de 9 ans et plus...

François-Xavier Féghali

Note de Citadelle
(*) Montjoie ! est l’adaptation d’un jeu de plateau de stratégie pour 3 à 6 joueurs sur la guerre de Cent Ans, édité par Tilsit en 1998

Liens
Site officiel du jeu :
http://www.montjoiegame.com/
Démonstration du jeu valable 15 jours :
http://ageoddl.telechargement.fr/3rdParty/Montjoie/Montjoie_Demo.zip

  

« Montjoie » !

 



Le titre de ce jeu se réfère, bien sûr, à l’un des plus célèbres cris de guerre du Moyen Age : «Mont-joie Saint Denis», signe de ralliement des Capétiens autour du royaume de France.

L'origine de ce cri serait liée à la mont-joie, colline située non loin de la basilique de Saint Denis, qui aurait été le lieu du martyre du saint au IIIe siècle. «Mont-joie Saint Denis» associe donc la royauté à un lieu sacré, ce qui en renforce le prestige.
Il est à noter que jusqu’au XIIe siècle, les chevaliers français ne crient que « Montjoie ». Ce serait à partir de la bataille de Bouvines (27 juillet 1214), que l’on se serait rassemblé autour du roi Philippe Auguste en s’exclamant «Mont-joie Saint Denis !»

Il s’agit ici de la fidèle version PC du jeu de plateau à succès édité par Tilsit en 1998.

 

Les point communs avec le jeu de plateau :

Le décor même de ce jeu trois fois réédité est transposé sur l’écran de votre PC : une table en bois sur laquelle semble posée une carte de l’ouest de l’Europe, flanquée d’une pile de cartes qui vient compléter l’illusion.
Les règles sont les mêmes. Il s’agit d’incarner l’un des six belligérants qui se disputèrent le royaume de France durant la guerre de Cent Ans : les Français, les Anglais, les Bourguignons, les Navarrais, les Bretons et le parti de Flandre.
Le plateau, qui couvre le territoire français actuel et le sud de l’Angleterre, est divisé en provinces. Il conviendra de les conquérir tour après tour afin de gagner de l’or, utile pour implanter des forteresses, ainsi que des « points de prétendants » au trône, nécessaires pour gagner la partie.

Le joueur commence par choisir l’un des nombreux scénarios proposés, lesquels reprennent des moments clés de la guerre de Cent Ans.

Comme son modèle sur plateau, le jeu PC de « Tchounga Games » se déroule au « tour par tour », l’ordre de chaque faction étant différent à chaque tour.

 

Durant chaque tour de jeu, une série de phases se succède :

La levée d’impôt, laquelle fournit de l’or aux factions : au tout premier tour de jeu, on peut choisir une mise en place historique (chaque faction étant implantée fidèlement à l’histoire sur la carte) ou libre. On reçoit ainsi au départ 1 pièce d’or par garnison que l’on dirige, 2 par château et 3 par forteresse.
Cet argent sera le nerf de la guerre puisque, dès la phase de diplomatie, on peut acheter un vote (essayer d’influer sur la phase de vote qui détermine, chaque tour, de la paix ou de la guerre), inciter à la conquête de villes, proposer des alliances avec d’autres factions...
Puis vient la pioche des « cartes », qui est gérée aléatoirement par l’ordinateur : on recevra ainsi 6 cartes en cas de guerre et 4 en cas de paix. Certaines cartes illustrées avec humour portent les chiffres de 1 à 6, correspondant à une force de frappe plus ou moins importante durant les batailles et les sièges. Mais des cartes comme celles du « félon », de « l’écorcheur », du « Héros » ou du « Doigt de Dieu » sont plus ludiques...
On peut ensuite acheter de nouvelles cartes ou faire construire des châteaux (à l’emplacement de ses garnisons) et des forteresses (pour renforcer ses châteaux).
Interviennent ensuite sur le plateau 11 événements aléatoires, gérés par l’ordinateur, des événements qui peuvent influer de façon importante sur le cours du jeu : la Peste Noire, une chevauchée de brigands, l’intervention du Pape, etc.     
Puis on assiste aux phases d’allégeance et de conquête des villes : le joueur devra utiliser avec une certaine finesse ses cartes pour affronter les armées adverses, en confrontant son score de force, modifié par un jet de dé, au leur.
La dernière phase d’un tour est celle des gains de prétendants, qui sonne la fin d’une partie dès qu’un joueur atteint un score prédéfini.
Le système de jeu est riche et assez complexe, la victoire se fera au prix d’alliances et de trahisons (et d’une dose de chance aux jet de dés) !
 


 
Quel est intérêt de l’adaptation sur PC ?
 
Tout d’abord, parce qu’il n’était jamais évident d’avoir sous la main de trois à six amis à n’importe quelle heure du jour et de la nuit quand – pardieu ! - l’envie une bonne partie de Montjoie vous prenait... L’ordinateur est toujours prêt à gérer les autres factions et offre même une option de jeu en ligne avec les amis aux quatre coins du monde. Finie la table encombrée par le plateau et les jetons, les cartes qui tombent par terre au moindre éternuement !
L’appréhension des règles est aussi gérée de manière plus agréable et fluide que dans la « version plateau » et ses nombreuses pages à apprendre avant de jouer : un système de « tutoriel » présente les phases avec des exemples animés et clairs. 
Une petite musique d’ambiance s’installe dès le lancement du jeu et l’occasion de vous immerger dans le contexte historique vous est offerte (grâce à un long texte coloré commençant dès la bataille d’Hastings en 1066). Pour les curieux ou les néophytes, un lexique ne contenant pas moins de 63 biographies de personnages célèbres des XIIIème et XIVème siècles est aussi disponible. On retiendra ainsi la constant souci pédagogique du jeu, qui permet aussi d’accéder d’un clic à un tableau présentant les règnes des souverains de chaque faction durant la guerre de Cent Ans.
Chaque scénario est noté en fonction de sa difficulté, ce qui permet à chacun de se « faire la main » progressivement, avant d’accompagner Jehane la Pucelle dans sa grande chevauchée.
Ensuite, la version informatisée est pleine d’humour ! Le jeu se lance sur un « Montjoie ! » assez hilarant, proclamé avec un accent aristocratique.
Sur la carte de l’ouest de l’Europe, de couleur agréable et en relief, la souris permet de « zoomer » à volonté vers telle ou telle province durant le jeu. Chaque séquence est animée. En particulier, les batailles résonnent du tintement des épées et des clameurs de guerre. L’animation des combattants est très drôle, les chevaliers semblent découpés directement dans des enluminures, on se croirait dans certaines séquences du Sacré Graal des Monty Python ! Les effets de la carte d’Ambassadeur se règlent sur une Roue de la Fortune plus vraie que nature et la carte Ecorcheur produit un cri strident qui fait sursauter à chaque fois, le Doigt de Dieu s’accompagne d’une chorale angélique avant de renverser la situation en votre faveur…
 
N’étant pas un « wargamer » accompli (et, surtout, n’ayant pas eu l’occasion de jouer en ligne...), je ne peux estimer précisément la durée de vie du jeu mais, au vu du nombre de scénarios, elle semble importante (plus de 100 heures d’après les éditeurs). Des forums existent sur Internet pour échanger de nouveaux scénarios, la communauté « Montjoie ! » semble bien active. On peut y jouer à partir de 10 ans.
 
 
Des défauts ?

Si peu ! Seul contre l’ordinateur, la convivialité d’un vrai jeu de plateau peut manquer : il est difficile de faire fulminer l’Intelligence Artificielle du PC avec des manœuvres tortueuses et des moqueries acerbes... Un problème qui sera sûrement réglé en jouant en ligne (surtout avec des écouteurs pour échanger des commentaires).
D’autre part, quand on joue seul face à l’ordinateur, les scénarios à 5 ou 6 factions sont trop longs : le PC gère successivement chaque phase pour chaque faction et on passe trois fois plus de temps à le regarder sans rien faire qu’à jouer soir même… L’idéal alors étant de choisir des parties à trois factions.
Entre les tirages de cartes aléatoires et les nombreux jets de dés, on pourra aussi regretter la part assez importante de hasard pour un jeu de stratégie. Mais un peu d’expérience et de ruse feront vite la différence...
 
Que ces quelques points ne vous empêchent pas de découvrir un système de jeu qui a fait ses preuves depuis plusieurs années et qui vous apportera, sans nul doute, « moult joie » !

 

Shimrod

 
 
 
 
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