Numéro 2 - Octobre 1999
Editorial
Editorial
par Elisabeth Féghali
Histoire
Les origines de la Russie
par Julie Ollivier-Chakhnovski
Les principaux Princes de Kiev
par Julie Ollivier-Chakhnovski
Petit lexique de la Russie Kievienne
par Julie Ollivier-Chakhnovski
Jeux & divertissements
Jeux de rôles & réalités Médiévales
par Shimrod
Cinéma
Braveheart (1995)
par Shimrod
Le 13e guerrier
par Shimrod
Glossaire
Petit glossaire de la littérature médiévale fantastique
par Shimrod
Linguistique
Si M'aïst Diex
par Elisabeth Féghali
Petit lexique de la Russie Kievienne

Dit de la Campagne d'Igor

Cette oeuvre relate l'expédition malheureuse du prince Igor (fils de Sviatoslav) contre les Polovtsi en 1185. Elle reprend les éléments contenus dans les chroniques, mais sous une forme lyrique et avec un certain ton épique. Le Dit de la Campagne d'Igor est écrit en vers et en prose rimée, et on sent la volonté de créer une oeuvre poétique, bien que l'écriture soit souvent très confuse. Une polémique divise les linguistes et historiens dont certains soutiennent l'authenticité de ce texte du XIIè siècle unique en son genre, tandis que d'autres affirment que c'est un pastiche de la fin du XVIIIè siècle, date de sa découverte.


Instruction ou Pooutchénié

Un des textes les plus anciens et les plus remarquables de la Russie kiévienne, que l'on doit au grand prince de Kiev Vladimir Monomaque au début du XII siècle. Destiné théoriquement à ses petits-enfants, il rassemble les principes moraux du christianisme et indique la voie à suivre pour régner en prince chrétien.


Première Chronique, Chronique des Temps Passés ou Povest Vremennikh Let

Ecrite vers 1115 par le moine Nestor du monastère des Grottes de Kiev ou Petcherskaïa lavra, elle relate entre autres la fondation de l'état de Kiev et les principaux événements au cours des deux siècles suivant. L'objectivité de cette chronique est très contestée car le moine fait l'apologie de la christianisation, et certains pensent qu'à travers le récit de l'arrivée des Varègues et de leur installation, il veut démonter que ce qui vient de l'extérieur peut être bon, et notamment le christianisme... Malheureusement on ne peut pas vérifier la véracité du texte car c'est le seul dans lequel il est question de la fondation de l'Etat de Kiev.


Andreï Bogolioubski (vers 1111-1174)

Littéralement « qui aime Dieu ». Fils du prince Iouri Dolgorouki et d'une princesse Polovtsienne. Il est d'abord élevé dans la Principauté de son père de Rostov-Souzdal au Nord, puis part à Kiev où son père a obtenu le titre de grand-prince. Dès 1157, il retourne s'installer à Rostov où l'aristocratie l'élit comme prince, mais il entre rapidement en opposition avec celle-ci car il refuse de partager son pouvoir. Il préfère s'entourer de serviteurs d'origine plus modeste et installer sa capitale dans la ville de Vladimir. Amateur d'art, il y fait construire de magnifiques monuments comme l'église de l'Intercession de la Vierge. Pour des raisons commerciales, il prend la ville de Novgorod, ce qui lui vaut l'opposition des princes de la Russie du sud et en particulier de Kiev. En 1169, il prend la ville et la saccage, mais ses troupes subissent un cuisant revers en 1174. Il est finalement assassiné cette même année par un groupe de boyards.


Anna dite Porphyrogénète.

L'adjectif porphyrogénète, issu du grec porphurogenêtos, signifie « née dans la pourpre », c'est-à-dire pendant le règne de son père l'empereur byzantin. Elle est la soeur des empereurs byzantins Basile II le Bulgaroctone et Constantin VIII, qui la donnent en mariage au prince de Kiev Vladimir en échange de sa conversion au christianisme et en remerciement de son aide militaire.


Antoine et Théodose.

De retour du Mont Athos, le moine Antoine (982-1073) s'installe dans une grotte près de Kiev. Il est rejoint par de nombreux disciples dont Théodose, qui deviendra l'abbé. Cette communauté donne naissance au monastère des Grottes de Kiev, appelé Petcherskaïa Lavra, qui est rapidement le premier centre culturel du pays. Les moines y copient et traduisent les textes liturgiques et les oeuvres des Pères de l'Eglise, mais écrivent aussi de nombreuses chroniques (comme la Chronique des Temps Passés du moine Nestor).


Baptême de la Russie.

En 988 (peut-être même en 989) ou plutôt en l'an 6496 de la création du monde, le prince de Kiev Vladimir depuis peu converti au christianisme, décide de faire baptiser tout son peuple, alors païen. Ce sont des religieux byzantins qui donnent le baptême à la population massée sur les berges du Dniepr. Il semble que la conversion se soit passée sans heurts, sauf peut-être à Novgorod où Vladimir réprime un soulèvement. Toutefois il est probable que dans les régions reculées, les paysans soient restés encore longtemps païens. Ce qui est sûr, c'est que de nombreux éléments païens ont pénétré le christianisme pour constituer une religion originale.


Bogatyr

Chefs de guerre de la Rous. Ils sont aussi les héros de nombreuses chansons de gestes, les bylines. On distingue les bogatyrs aînés dont les exploits se perdent dans les temps anciens. Les plus jeunes et les plus nombreux, les bogatyrs cadets, parlent mieux de la période kiévienne, dans la mesure où leurs aventures se déroulent entre autres à la cour du prince Vladimir. Les plus connus, Ilia Mouromets (ou Ilia de Mourom), Dobrynia Nikititch, Aliocha Popovitch, luttent incessamment contre les ennemis de Kiev, les peuples de la steppe, et incarnent une sorte de chevalerie chrétienne.


Boris et Gleb

Les deux plus jeunes fils de Vladimir et de son épouse bulgare, seront tués par leur demi-frère aîné Sviatopolk (surnommé le Maudit) au cours de la guerre de succession qui a opposé les cinq fils de Vladimir après sa mort et a abouti à l'avènement de Iaroslav le Sage. Les deux enfants étaient très aimés des habitants de Kiev. Ils ont été canonisés par l'Eglise russe en tant que victimes innocentes de la guerre civile et sont devenus les premiers martyrs nationaux.


Boyard

Seigneur de la haute noblesse qui entoure la famille princière. A l'origine, les serviteurs du prince et la noblesse locale se sont peu à peu confondus pour former le groupe des boyards. Ceux-ci vont toujours jouer un rôle extrêmement important au cours des siècles dans l'histoire russe.


Bylines

Sorte de poème épique ressemblant aux chansons de gestes, répétées et transformées au cours des siècles jusqu'à leur écriture au XIX siècle. Les bylines remontent aux temps anciens, certaines même avant le baptême de la Russie, mais la plupart racontent des aventures qui se déroulent à l'époque de Saint Vladimir. Les héros sont les bogatyrs, de puissants guerriers aux exploits relevant souvent plus du mythe que de la réalité. Les bylines font partie du folklore de la Russie. Malgré les transformations apportées par la religion sur cette culture profane, et en dépit des siècles écoulés jusqu'à leur écriture, on devine encore bien l'atmosphère de l'époque.


Christianisme en Rous

Il convient ici de parler de Christianisme et non d'Orthodoxie. En effet, jusqu'au schisme de 1054, les Eglises d'Orient et d'Occident pratiquent en théorie la même religion, bien qu'en réalité il existe déjà de nombreuses divergences dans la liturgie et dans le dogme. Des conflits plus ou moins graves les opposent très tôt, accrus par une incompréhension croissante due à des différences linguistiques (le latin en Occident et le grec en Orient) et culturelles. Dès la fin du IXè siècle, les relations sont quasi inexistantes et les passions ne s'enflamment vraiment qu'au milieu du XIè siècle, lorsque le pape Léon IX et le patriarche Michel Cérulaire s'excommunient respectivement. Ce n'aurait pu être qu'une querelle sans suite comme les deux Eglises en avait déjà connues beaucoup, mais cette fois-ci il n'y eut pas de réconciliation. Tous les peuples convertis par l'Eglise byzantine furent entraînés dans le schisme : Serbes, Bulgares, Roumains et Russes. Ils se désignèrent par la suite comme orthodoxes, c'est-à-dire littéralement "ceux qui ont une opinion droite", par opposition aux catholiques.


Cyrille et Méthode

Les deux frères Cyrille (Constantin) (vers 827-869) et Méthode (avant 827-885) rentrent dans l'histoire en effectuant une mission en Moravie à partir de 862-863. Ce sont des savants, de grands théologiens et philosophes, envoyés par Byzance. Originaires de Salonique, ils parlent déjà le slave (slavon) tout comme les Moraves. Afin d'évangéliser ces peuples, les deux frères créent un alphabet, probablement l'alphabet glagolitique (et non l'alphabet cyrillique inventé plus tard en Bulgarie par un des disciple de Cyrille). A cette époque, les langues Slaves, aussi bien parlées sur les bords de la mer Egée, que dans les pays d'Europe centrale, étaient très voisines et compréhensibles entre elles. C'est pourquoi l'alphabet inventé par les frères Cyrille et Méthode eut un tel succès et permis par la suite d'évangéliser d'autres peuples, dont les Russes, et de fixer leur langue par l'écriture.


Douma

Conseil des boyards. C'est une des principales institutions politiques de la Rous, avec la fonction princière et le vétché ou assemblée urbaine. L'origine de la Douma est probablement la droujina aînée composée de serviteurs les plus proches du prince, que celui-ci consulte fréquemment et qui participe aux décisions. Avec la christianisation de la Rous, le haut-clergé entre lui aussi dans la Douma. Les fonctions de la Douma ne sont pas celles d'un Parlement car elle ne limite pas le pouvoir princier. Cependant, elle s'apparente plus à la curia regis que l'on retrouve à la même époque dans les Etats d'Europe occidentale, et son rôle a parfois été très important en conseillant le prince et en l'influençant dans ses actes.


Droujina

Mot formé sur le mot russe droug qui signifie "ami". Ce groupe est formé par les serviteurs et amis du prince qui sont des guerriers professionnels, mais exercent aussi parfois des fonctions administratives (comme la truste mérovingienne). La droujina aînée, c'est-à-dire les serviteurs les plus proches du prince, est probablement à l'origine du conseil de la Douma des boyards. La droujina aînée, la droujina cadette et l'aristocratie locale forment la classe des moujy (aujourd'hui le terme signifie les « hommes ») qui dirige le pays.


Iaroslav le Sage : (978-1054)

Fils de Vladimir. Prince de Novgorod dès 1010, puis vainqueur de la lutte avec ses frères après la mort de leur père , il devient en 1019 grand prince de Kiev. De 1024 à 1034 il doit accepter la souveraineté de son frère Mstislav sur la rive gauche du Dniepr, mais après la mort de celui-ci, il règne sans partage. Il continue la politique militaire de son père en repoussant les envahisseurs, et apparaît comme un mécène en protégeant les arts (il fait bâtir la Cathédrale Sainte-Sophie de Kiev et est l'ami du métropolite de Kiev le moine Hilarion).


Icône

Image du Christ, de la Vierge ou des Saints dans l'Eglise orientale. Les icônes sont faites d'un panneau de bois (parfois plusieurs), sur lequel on applique des couleurs naturelles et parfois des feuilles d'or. La sculpture en trois dimensions étant interdite dans l'Eglise orthodoxe, les croyants se contentaient de la sculpture en relief, de statuettes et surtout des icônes, objet d'une très grande dévotion. Il subsiste encore quelques icônes de la période kiévienne.


Igor

Probablement le fils de Riourik selon la Chronique des Temps Passés, mais comme son père et comme son prédécesseur (et peut-être tuteur) Oleg, il reste bien mal connu. Il règne à Kiev de 913 à 945, cherchant à étendre ses territoires et à consolider son autorité.


Kniaz

Mot apparenté au haut-allemand kuning, mais que l'on trouve traduit dans les textes en latin par le mot rex. Il désigne le prince-guerrier à la tête de l'Etat kiévien. A partir du milieu du XIè siècle, le territoire se morcelant en plusieurs principautés distribuées entre les frères, le prince de Kiev qui est toujours l'aîné, dispose d'une primauté d'honneur et se fait appeler grand prince ou veliki kniaz.


Lioudi

Ce sont les habitants des villes. Ils sont assez nombreux compte tenu de l'importance des villes dans la Rous, et il détiennent une part du pouvoir conséquente, notamment dans l'assemblée du vetché. Beaucoup vivent du commerce et sont assez riches. Le mot russe aujourd'hui signifie simplement les « gens ».


Loi de succession clanique

Tous les frères sont égaux en droit pour prétendre à la succession de leur père, ce qui entraîne souvent des luttes entre les fils du défunt mais aussi avec les oncles. Les différentes principautés sont réparties selon l'ordre de primogéniture, toutes branches confondues, et l'aîné est nommé grand prince de Kiev. Dès 1096, devant les difficultés croissantes de partage, une nouvelle loi successorale est mise en place, qui laisse au représentant de chaque lignée la principauté qu'il a héritée. Cette pratique conduit quand même au XIIIè siècle au morcellement de la Russie en multiples principautés, d'où le nom de « Russie des apanages » donné à cette période.


Mongols ou Tatars

Peuple d'Asie dont les différents groupes sont fédérés par Gengis Khan en 1206. Ils entreprennent alors d'immenses campagnes destructrices, dont celles de Batu Khan en Russie et en Hongrie de 1236 à 1242. La Horde d'Or domine la Russie et la Crimée jusqu'au début du XVIè siècle. Les Mongols surveillent le grand prince de Vladimir qui a la primauté sur les autres principautés, mais surtout leur domination se fait ressentir par la levée d'un lourd tribut chaque année.


Oleg

Prince varègue, probablement un ami ou un parent de Riourik, d'après la Chronique des Temps Passés. Il impose son pouvoir à Kiev et dans le bassin du Dniepr à partir de 882. Son règne est assez mal connu et l'on sait seulement qu'il engage une campagne militaire contre Byzance en 907, qui aboutit à la signature d'un traité de commerce favorable aux marchands rous. Il laisse la place en 912 à Igor, le fils de Riourik, mais on ignore si c'est à cause de sa mort, ou s'il exerçait seulement la régence.


Olga

Femme d'Igor et fille d'Oleg. A la mort de son mari, elle exerce la régence de 945 à 962 jusqu'à la majorité de son fils Sviatoslav. Elle décède en 969. De son règne, on a surtout retenu sa conversion personnelle au christianisme en 955 alors que le peuple était païen.


Patriarche

Evêque d'un siège épiscopal dans la religion orthodoxe.


Riourik

Prince varègue dont l'existence semble relever plus du mythe que de la réalité. D'après la Chronique des Temps Passés, il s'installe à Novgorod vers 962 et meurt en 879, mais ses descendants prennent le pouvoir à Kiev dont ils font leur capitale dès 913. Il est le fondateur de la dynastie des Riourikovitch, aussi appelés Riourikides, qui règnent en Russie jusqu'en 1598.


Rous

Nom couramment donné pour désigner l'ancienne Russie et tout particulièrement la Russie de l'époque kiévienne, d'après le peuple de Varègues rous qui a présidé à la fondation du premier Etat.


Schisme d'Orient

En 1054, le pape Léon IX et le patriarche Michel Cérulaire s'excommunient respectivement à la suite de différences dans la liturgie et le dogme entre les Eglises d'Orient et d'Occident, notamment à propos du Filioque que les Byzantins refusent d'employer. Ce schisme aboutit à la séparation de la Chrétienté en deux Eglises aux conceptions et aux pratiques divergentes : l'Eglise catholique incarnée par le pape à Rome, et l'Eglise orthodoxe dirigée alors par le patriarche de Constantinople.


Smerdy

Ils constituent la grande majorité de la population et sont essentiellement des paysans et des ruraux. Leurs conditions de vie semblent avoir été très dures dans la mesure où de nombreux paysans s'endettaient auprès de leurs maîtres et perdaient ainsi leur liberté pour devenir des serfs, dont le nombre augmente considérablement au cours de cette période. Ce mot signifie en russe aujourd'hui « puant ».


Sviatoslav

Fils d'Igor et d'Olga. C'est un personnage assez mal connu, qui sort à peine de la légende. A la mort de son père en 945, il est trop jeune pour prendre le pouvoir et c'est sa mère qui assure la régence jusqu'en 962. Malgré le fait que sa mère se soit déjà convertie au christianisme, Sviatoslav reste profondément païen. Durant les dix années de son règne à Kiev jusqu'en 972, il passe son temps à mener une guerre audacieuse à tous les peuples qui côtoient son territoire et c'est pourquoi son règne a été surnommé « la grande aventure ». Le texte de la Chronique des Temps Passés le décrit comme un chef barbare, menant des expéditions rapides et légères, ne s'embarrassant pas de confort, dormant à même le sol sur un tapis de selle... Il se lance tout d'abord vers l'est où il soumet diverses tribus, puis attaque les Bulgares de la Volga et écrase l'armée khazare. Descendu jusqu'à la mer Caspienne au sud, il part vers l'ouest et soumet les tribus caucasiennes dont il traverse les territoires. Il inflige sur le Don une écrasante défaite aux Khazars, dont ceux-ci ne se relèveront jamais. En 968, il dirige ses troupes constituées de 60 000 hommes sur les Balkans à la demande de l'empereur byzantin Nicéphore Phocas. Malgré sa victoire sur les Bulgares du Danube et le fait qu'il semble se plaire dans les Balkans, il est obligé de rentrer rapidement à Kiev assiégée par les Petchénègues. Suite à toutes ces victoires, l'empereur byzantin se sent menacé par Sviatoslav et une guerre s'engage entre les deux puissances. Après avoir menacé Constantinople, les troupes de Sviatosav recule et celui-ci signe finalement un accord de paix qui lui est plutôt défavorable. Sur le chemin du retour il trouve la mort dans le combat avec les terribles Petchénègues. Le territoire va alors être l'enjeu de luttes entre ses trois fils, jusqu'à la victoire du plus jeune, Vladimir.


Théorie dite « normanniste »

Théorie adoptée par des historiens à partir du XVIIIè siècle et jusqu'à nos jours affirmant que ce sont des Vikings scandinaves (ou Normands) qui ont donné à la Rous sa culture et son modèle politique, dans la mesure où les premiers princes kiéviens étaient des Varègues originaires de Scandinavie. Ces historiens s'appuient sur le texte de la Chronique des Temps Passés du moine Nestor.


Varègues

Ce sont des Scandinaves ou Normands.


Veliki kniaz

Voir au mot kniaz.


Vétché

Assemblée urbaine qui est une des principales institutions politiques de la Rous. C'est un élément démocratique dans l'Etat kiévien, qui ressemble aux assemblées d'hommes libres des royaumes barbares d'Occident. Tous les chefs de familles pouvaient prendre part au vétché, réuni habituellement sur la place du marché de chaque ville. Les décisions étaient prises à l'unanimité, sur des sujets importants comme la guerre et la paix, les conflits entre princes... Cette institution était très ancienne et existait bien avant l'organisation princière, ce qui explique parfois les désaccords entre ces deux pouvoirs. Cependant le vétché a toujours joué un rôle important, en particulier celui de Kiev.


Vladimir (né aux alentours de 956 - mort le 15/07/1015)

Fils de Sviatoslav et d'une Slave Malioucha. Il passe sa jeunesse parmi les nobles païen de la droujina, surtout dans l'entourage de son oncle maternel. Il reçoit d'abord la principauté de Novgorod en 972 mais deux ans plus tard, à la mort de son père Sviatoslav, une guerre éclate avec ses frères et après de nombreux retournements de situations, Vladimir sort vainqueur de cette lutte et réunit entièrement l'héritage de son père. Il devient ainsi grand prince de Kiev en 980 et dans un premier temps s'attache à combattre tous les peuples ennemis qui menacent l'équilibre du territoire. La Chronique des Temps Passés raconte qu'il était alors très païen et possédait même 800 femmes, mais l'empereur byzantin Basile II lui ayant proposé la main de sa soeur Anna Porphyrogénète, il accepta de se convertir au christianisme vers 988 pour l'épouser et renforcer ainsi les relations avec Byzance. Rentré à Kiev, il obligea le peuple à se convertir aussi et fût donc à l'origine du « baptême de la Russie ». Il fût canonisé au XIIIè siècle.


Vladimir Monomaque : (1053-1125)

Petit-fils de Iaroslav le Sage par son père Vsevolod, et de l'empereur byzantin Constantin IX Monomaque par sa mère. Il reçoit en 1078 la Principauté de Tchernigov, mais après la mort de son père et plusieurs années de luttes familiales, il laisse ce territoire à un de ces cousins et se contente de la Principauté moindre de Pereîaslavl qu'il doit constamment défendre contre les invasions. A la suite d'un soulèvement populaire, Vladimir Monomaque est appelé à occuper le trône de Kiev en 1113. Les douze années de son règne jusqu'en 1125 sont caractérisées par une relative paix intérieure et extérieure, prolongées ensuite par le règne de son fils Mstislav jusqu'en 1132. Vladimir est un prince cultivé et épris de justice, auteur d'un texte qualifié d' « Instruction » ou « Pooutchénié » où il rassemble les principes moraux du christianisme soi-disant pour ses petits-enfants, mais il est manifeste qu'il se présente surtout comme le modèle même du prince chrétien.


Julie Ollivier-Chakhnovski

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