Numéro 2 - Octobre 1999
Editorial
Editorial
par Elisabeth Féghali
Histoire
Les origines de la Russie
par Julie Ollivier-Chakhnovski
Les principaux Princes de Kiev
par Julie Ollivier-Chakhnovski
Petit lexique de la Russie Kievienne
par Julie Ollivier-Chakhnovski
Jeux & divertissements
Jeux de rôles & réalités Médiévales
par Shimrod
Cinéma
Braveheart (1995)
par Shimrod
Le 13e guerrier
par Shimrod
Glossaire
Petit glossaire de la littérature médiévale fantastique
par Shimrod
Linguistique
Si M'aïst Diex
par Elisabeth Féghali
Braveheart (1995)

Réalisé par Mel Gibson
Scénario de Randall Wallace
 
Distribution des rôles
 
Mel Gibson : William Wallace
Sophie Marceau : Princesse Isabelle
Catherine McCormack : Murron
Patrick McGoohan : le Roi Edward
James Cosmo : Campbell
Brian Cox Argyle : Wallace
Brendan Gleeson : Hamish
Peter Mullan : Un vétérant
 
Musique originale de James Horner
Sortie française octobre 1995
 
 
 
 
Le deuxième film de l'acteur-réalisateur Mel Gibson met en scène la vie tumultueuse de William Wallace ( 1270-1305 ), héros de l'indépendance écossaise. En 1280, l'Ecosse est sous le joug d'Edouard 1er, dit le Sec, roi d'Angleterre. Sous couvert de tractations, il tend un piège et fait assassiner le père et le frère de William, ainsi que d'autres chefs de clan écossais. L'enfant est alors emmené et éduqué par son oncle. Devenu adulte, William (Mel Gibson), revient dans son clan pour y cultiver la terre. Il retrouve ses amis d'enfance : le colossal rouquin Hamish et surtout Murron (la lumineuse Catherine McCormack, véritable révélation du film).
La présence anglaise est plus détestable que jamais : pour éradiquer les Ecossais à petit feu, Edouard 1er a choisi de restaurer l'infâme tradition de la "Prima Nocte" : tout seigneur anglais obtient le droit d'exiger d'une jeune mariée écossaise de passer la nuit de noces avec elle ! Le machiavélique Edouard augure que, tel un coucou, l'Anglais prendra bientôt le pas sur l'Ecossais...

William et Murron tombent amoureux l'un de l'autre et se marient en cachette une nuit afin d'éviter de subir cette «Prima Nocte». Malheureusement, un soldat anglais capte un jour les regards que se jettent les deux amants et tente de violer la jeune femme. Wallace intervient et assomme plusieurs soldats avant de s'enfuir. Pour l'exemple, le chef de la garnison anglaise égorge Murron en place publique.
Fou de douleur, William réunit les siens et attaque puis détruit le fortin anglais. Revenu pour vivre à l'écart des querelles, il se trouve à présent pris dans un engrenage et va tout faire pour fédérer les différents chefs de clan afin de bouter l'Anglais hors d'Ecosse et même l'attaquer sur son propre territoire !

Après L'Homme sans visage, drame contemporain et quasi intimiste, Mel Gibson s'attaque avec un brio ahurissant au film historique médiéval : rarement les batailles rangées avaient été filmées avec une telle ampleur et une telle violence. Dans les superbes paysages d'Ecosse et d'Irlande l'amateur de grand spectacle voit défiler des milliers de figurants, des charges de cavalerie lourde et assiste à des retournements de situation pour son plus grand plaisir. On suit ainsi la vie de William Wallace de sa première victoire à son exécution à Londres, en 1305.
Mais tout ce bruit et cette fureur ne nuisent en rien à l'émotion : on gardera longtemps en mémoire ce gage d'amour entre les deux amants, un mouchoir que Wallace gardera toute sa vie, l'assassinat atroce de Murron, la résistance héroique de Wallace à ses bourreaux... Du beau et grand cinéma comme on en a peu fait cette dernière décennie.

C'est un plaisir immédiat que l'on prend à ce film car il brasse brillamment les figures imposées du cinéma d'aventure : un héros qui se dresse et prend le parti des faibles contre l'envahisseur, un compagnon incarnant la force brute (le personnage d'Hamish), un roi cruel (Patrick McGoohan, méconnaissable et machiavélique en Edouard 1er), une princesse amoureuse qui prend fait et cause pour les insurgés (Isabelle, la fille de Philippe le Bel, mariée au faible fils d'Edouard 1er, interprétée par Sophie Marceau, un peu moins «cruche» que d'habitude). On pense aussitôt à Robin des Bois, entouré de son ami PetitJean, du Prince Jean et de Lady Marian !

Malgré sa durée ( 2h50 ), Braveheart reste toujours passionnant grâce à une multitude de personnages, figures historiques pour la plupart.
Le narrateur de l'histoire est Robert de Bruce, héritier du trône d'Ecosse (et futur Robert 1er en 1306), fasciné par la fougue et le courage de Wallace mais tenu par son père à des man?uvres politiques tortueuses afin d'obtenir le pouvoir. Derrière lui se pressent les seigneurs écossais, souvent prêts à manger dans la main de l'occupant pour gagner de nouvelles terres et titres. Robert va osciller tout le long du film entre l'influence des idéaux défendus par William Wallace (patriotisme, soif de liberté) et le cynisme politique de son père ("la traîtrise est un art", essaie-t-il de lui inculquer). Emu par la mort exemplaire de Wallace en 1305, Robert finira par échapper à l'influence de son père et embrassera la cause de l'indépendance à son accession au trône.
Parmi les "joyeux compagnons" de William se détachent le fidèle Hamish, le père de ce dernier, tout aussi imposant, un Irlandais illuminé partageant avec eux la même haine de l'Anglais, un jeune marié éprouvé par la «Prima Nocte»...
Chez les Anglais, Edouard 1er se pose en stratège et manipulateur sans scrupules : il initie avec rudesse son bougre de fils (le futur Edouard II) aux subtilités du pouvoir. Ce dernier, contrairement à Robert de Bruce, passera de la réticence à la soumission. Le roi d'Angleterre enverra aussi sa bru Isabelle en embassade à William Wallace pour le piéger malgré elle.
Une ruse qui se retournera contre lui grâce à une audace du scénario et une écorne à l'Histoire : le film fait mourir de maladie Edouard 1er au même instant que Wallace (le roi d'Angleterre est en fait décédé en 1307). Isabelle vient lui annoncer sur son lit de mort qu'elle porte en elle le fruit d'une nuit avec le héros écossais et que la descendance d'Edouard mourra avec lui !
Une belle revanche pour l'indomptable Wallace...

Cette histoire garde une force certaine à une époque où les questions de liberté et de patriotisme partagent toujours cruellement le "Royaume Uni" en Irlande.

Shimrod

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