Numéro 5 - Septembre 2000
Editorial
Editorial
par Elisabeth Féghali
Diaporama
Notre présence aux Médiévales
par Elisabeth Féghali
Les Compagnons de Roland
par Elisabeth Féghali
L'atelier du Calligraphe
par Elisabeth Féghali
La Compagnie Mc'Htiern
par François-Xavier Féghali
Histoire
Bouliac en 1453
par Elisabeth Féghali
Hauts Personnages
Pey Berland
par Elisabeth Féghali
Pey Berland

 

Pey Berland :
un pasteur au service de son peuple.





 http://www.citadelle.org/mediatheque/Medievales-Bouliac-2000/eglise-5.jpg
Pey Berland prêchant,
extrait du tableau à l'intérieur
de l'église de Bouliac.



    Dimanche 10 septembre 2000, dans son homélie le curé de Bouliac après avoir rappelé le rôle prépondérant exercé par Pey Berland (15 juillet 1370 - 17 janvier 1458) à la fin de la guerre de Cent Ans (marquée par la reddition de la ville de Bordeaux le 19 octobre 1453), établit la permanence du témoignage chrétien à travers l'engagement politique du saint homme (rappelons que dès 1464 l'Eglise de Bordeaux décida de le canoniser et ce, même si Rome fit hélas, la sourde oreille. La Foi populaire s'exprimait une fois encore, comme elle le fit pour saint Augustin d'Hippone par exemple).

    Monsieur le curé a souligné qu'un "aspect du témoignage de Pey Berland est la dimension politique de son engagement. Engagement qui certes ne se posait pas hier dans les termes où il se pose aujourd'hui ", mais qui permet cependant d'établir "une parenté". Et d'en souligner alors deux aspects caractéristiques dont "le premier est le champ politique qui pour le chrétien est celui où la responsabilité de l'homme est éminemment engagée au service du bien de tous. Le deuxième trait de la dimension politique, c'est que pour le même chrétien la politique n'est jamais un absolu, ni le pouvoir une fin en soi. Le pouvoir politique est légitime quand il est au service des personnes, d'un projet, du bien commun, il est contestable quand il se prend pour fin et qu'il s'auto-légitime? Et si la Foi renvoie sans cesse l'homme à sa responsabilité et à son autonomie, elle ne fait que par conséquent interroger son engagement politique."

    Homme politique, certes, mais comme le rappelle Monsieur le curé, Pey Berland a ainsi agi pour le bien de tous et en particulier de sa région " dans une société de chrétienté où le pouvoir politique et le pouvoir religieux se mêlent, formant une interaction permanente, Pey Berland a agi comme curé ou comme évêque...".

    Il ne se considérait pas plus français qu'anglais, mais tout simplement gascon. Et cet attachement, voire cet enracinement, à cette terre est de la plus haute importance. Il n'a eu de cesse de s'inquiéter du sort de sa communauté, de veiller sur ses ouailles et de venir en aide aux pauvres : prisonniers, veuves, orphelins... Il a fait réparer nombre d'églises abîmées par la guerre. Défendre la Foi, aider son prochain, faire preuve d'une charité constante et faire régner partout l'entente et la tolérance, voilà l'oeuvre de sa vie.


 
 http://www.citadelle.org/mediatheque/Medievales-Bouliac-2000/eglise-6.jpg
Vue de l'église de Bouliac,
lors des Médiévales 2000. 


    " Le témoignage de Pey Berland fait écho à la permanence de l'engagement chrétien. Il s'intéressa à tous les hommes. Le pasteur qu'il fut, n'était pas seulement un prédicateur. Son amour de l'Evangile s'est incarné dans des oeuvres de charité, d'éducation et d'enseignement. La création de l'université de Bordeaux (en 1441, fermée par la révolution française en 1793) ou le collège Saint Raphaël (en 1442) l'attestent. " comme nous le rappelle le curé de Bouliac. C'est dans ce collège qu'il se retira à la fin de sa vie, après avoir fait cession de son archevêché en 1456.

    Ainsi la figure emblématique de cet humble berger est un modèle pour le chrétien d'aujourd'hui. Et le curé de Bouliac de conclure sur ces paroles : " la Foi au christ ne nous confine pas dans une pratique religieuse, ni dans une seule annonce en paroles de l'Evangile. Elle place le service au centre de notre spiritualité et préfère toujours articuler plutôt qu'opposer action et contemplation, raison et sentiment, charité et justice. "

     Un amour des siens et de sa région, un respect accru du droit des gens, une soif de justice et un profond dégoût pour la violence, nous montrent encore à quel point, et dans ce cas précis plus encore, combien le courage pouvait révéler la noblesse d'âme.
 

 
 http://www.citadelle.org/mediatheque/Medievales-Bouliac-2000/eglise-bouliac.jpg
Vue de l'église de Bouliac,
lors des Médiévales 2000.  

Elisabeth Féghali
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