Numéro 9 - Mai 2004
Editorial
Editorial
par Elisabeth Féghali
Le Mouvement Néo-Médiéval
Naissance du Mouvement - Première partie
par Elisabeth Féghali
Les écrivains du XIXè siècle
par Elisabeth Féghali
Critique de Roman historique
Rougemuraille
par Elisabeth Féghali
Arthur de Kevin Crossley-Holland
par François-Xavier Féghali
Actualité DVD
Le Roman de Renard
par Elisabeth Féghali
Merlin de Steve Barron
par Shimrod
Le Moyen Age du DVD
par Shimrod
Rencontre avec le Dragon
par Elisabeth Féghali
Secrets & légendes du Pays Cathares
par Elisabeth Féghali
Jeux & divertissements
Les Figurines et Bâtiments PAPO
par Elisabeth Féghali
Critique de Roman historique
Baudolino d'Umberto Eco
par Shimrod
Naissance du Mouvement - Première partie

 Le Mouvement Néo-Médiéval du XIXè siècle
première partie 


      

     Force est de constater que depuis une vingtaine d'années le Moyen Age fascine et passionne au point de faire partie de notre quotidien (cf. la galerie). Tout est pour ainsi dire prétexte au Moyen Age, voire à des "Moyen Age". C'est ainsi que très régulièrement paraissent éditions classiques de textes médiévaux, bilingues parfois, études historiques, critiques littéraires, dictionnaires encyclopédiques, romans historiques, bandes dessinées, films, dessins animés, DVD... Les magazines spécialisés abondent, alors que la presse, scientifique ou non, lui réserve toujours une place de choix. N'oublions pas de mentionner les pratiques culturelles et touristiques avec leurs fameuses reconstitutions historiques qui offrent une vision grandiose ou vendent (j'insiste sur ce verbe) trop souvent encore un Moyen Age douteux voire même carrément frelaté.

"Dépoussiérer" le passé et le mettre à la portée de tous n'a pas été chose aisée. On se souvient de l'expression dévalorisante "Moyen Age" inventée par Pétrarque (1304-1374) et les humanistes italiens qui lui opposaient ainsi ouvertement la période qui lui succéda : La "Re-naissance". Ils faisaient de ces dix siècles d'histoire un âge intermédiaire, textuellement un medium tempus, à oublier. S'ajoutera à cela la connotation de plus en plus dépréciative de l'adjectif moyen.


Dans la seconde partie du XVIIè siècle, avec Charles Dufresne, sieur Du Cange (1610-1688), on pouvait un temps espérer sa réhabilitation grâce à l'étude de quelques manuscrits. Son édition de l'Histoire de saint Louis par le sieur de Joinville (1668), dans laquelle il restitue, corrige et glose le texte altéré, montre une volonté d'aborder le Moyen Age par l'étude critique de ses sources. Car ce philologue s'est penché durant toute sa vie sur des textes médiévaux et l'élaboration du seul dictionnaire vraiment important existant sur le latin médiéval, le Glossarium ad scriptores mediae et infimae latinitatis (1678), en est la preuve (il faudra d'ailleurs attendre les années d'entre-deux guerres pour qu'il soit sérieusement complété). Dans la querelle des Anciens et des Modernes, quelques auteurs, prônant un certain idéal chrétien, publièrent plusieurs poèmes héroïques dont :

- Saint Louys ou Le héros chrestien en 1653, par le Révérend Père Pierre Le Moyne (1595-1676)
- La pucelle ou La France délivrée en 1657, par  Jean Chapelain (1595-1674)
- Clovis ou La France chrestienne en 1657, par Jean Desmarets de Saint-Sorlin
- Charlemagne en 1664, par Le Laboureur (dont six livres seulement sur douze ont été publiés)
- Charlemagne, ou le Rétablissement de l’Empire romain en 1666 et Charlemagne pénitent en 1668, par Nicolas Courtin.


Au siècle suivant, Voltaire (qui se moquera ouvertement de Chapelain en publiant sa Pucelle, poème héroï-comique) affirmait sans ambages, dans son Essai sur les moeurs (1756), son dégoût pour ces temps de cauchemar, résumant ainsi le mépris général des Lumières pour cette "barbarie brutale et absurde", car selon lui :

 

"l'Europe entière croupit dans cet avilissement jusqu'au XVIè siècle et n'en sort que part des convulsions terribles".

 

Il est vrai que le découpage du temps en trois séquences distinctes : Antiquité, Moyen Age et Temps Modernes ne lui fut pas favorable. Pourtant, toute une génération d'écrivains et d'historiens se mirent à vénérer l'interminable nuit médiévale des protestants du XVIè siècle, pour ainsi la remettre au goût du jour : c'est ce que l'on appelle le mouvement Néo-médiéval du XIXè siècle.

 

I - La prise de conscience des romantiques

Devant les ravages causés par le vandalisme révolutionnaire de 1789 qui voit outre l'effondrement de la Bastille, le saccage de nombreux édifices religieux et la perte cruelle de précieux documents historiques (archives, livres, manuscrits...), la génération des romantiques se sent investie d'une mission : celle de faire revivre le passé, parfois très éloigné, comme le Moyen Age. Ils souhaitent ainsi attirer l'attention sur la dégradation continue du patrimoine historique.

a) Le cycle du temps

 Après la Révolution française de 1789 s'opère en France un bouleversement dans les mentalités qui va totalement modifier la façon de percevoir et d'envisager le temps. Les romantiques constatent que le temps, linéaire, s'abolit au fur et à mesure qu'il passe. Dans ces conditions, la vie n'est plus perçue que comme une succession de morts. Le désespoir qui saisit ces écrivains de la première moitié du XIXè siècle, en proie à ce que l'on nomme communément "mal du siècle", traduit la conscience malheureuse d'individus isolés, traumatisés par l'effondrement de l'Ancien Régime et la Révolution, qui sont toutes les incertitudes causées par une Histoire déconcertante. Dans La confession d'un enfant du siècle (1836), Alfred de Musset analyse la "dépression" romantique causée par les méfaits de la société :

 

..."Toute la maladie du siècle présent vient de deux causes : le peuple qui a passé par 1793 et 1814 porte au coeur deux blessures. Tout ce qui était n'est plus, tout ce qui sera n'est pas encore. Ne cherchez pas ailleurs le secret de nos maux [...] derrière eux un passé à jamais détruit s'agitant encore sur ses ruines"...

 

Pour lutter contre la prodigieuse accélération des événements et le rythme de l'histoire, qu'ils ne maîtrisent pas, les créateurs romantiques et tout le XIXè siècle à leur suite, vont se tourner vers le passé, renouvelant ainsi le cycle du temps. En effet, pour les romantiques tout acte accompli, unique, interdit tout retour en arrière. Ce retour en arrière nécessaire à toute Rédemption. Envisagé comme un cycle, le temps est conçu comme une lutte contre la mort : c'est non seulement le symbole du combat pour l'éternité, mais la possibilité bien réelle de rachat humain. Tout peut alors se "refaire" : c'est le temps des possibles, une sorte de passé présent, qui offre à l'homme une chance de réparer la Faute en faisant revivre "le" passé. L'homme doit pour cela agir au plus vite, car le temps échappant à toute volonté humaine et s'écoulant inexorablement, il est l'ennemi qui détruit tout : toujours le signe même de notre mort.

b) Le bannissement du "Never More"

Si la nature semble profiter du temps qui passe, se transformant au rythme des saisons, qu'en est-il des oeuvres humaines ? Pour en prendre pleinement conscience, il faut à cette époque sortir de France et s'apercevoir qu'il reste bien peu de vestiges des civilisations antiques. Alors, si les traces matérielles s'effacent, ce sont ceux-là même qui les ont érigées qui vont s'abîmer dans l'ignorance, et l'homme à trop tarder sera bien vite incapable de reconstruire le passé. On oubliera alors des symboles comme le Parthénon, le Forum Romain... Pour enrayer la théorie du "Never More", selon laquelle l'excellence quelle qu'elle soit est vouée à l'effacement, à l'oubli total de ce qu'elle a été, on comprend mieux la frénésie, poussée souvent à son paroxysme, qu'a connu ce siècle : ressuscitant, en les mêlant intimement, le beau et l'effrayant. C'est ainsi que nombre d'écrivains se tournent vers le passé avec un enthousiasme débordant (voire un certain parti pris), croyant ainsi retrouver enfin des valeurs authentiques tant guerrières que religieuses comme aime à le souligner Madame de Staël, pour qui le Romantisme est avant tout :

 

..."la poésie dont les chants des Troubadours ont été l'origine, celle qui est née de la chevalerie et du christianisme."

 

II - La diversité et le dynamisme des sociétés savantes qui se créent au XIXe siècle

a) Archéologie entre ciel et terre

La fondation de l'Ecole des chartes en 1821 devra former archivistes et bibliothécaires et enseigner toutes les sciences auxiliaires de l'histoire, de la paléographie et de la diplomatie à la numismatique. Placée sous le patronage de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (1663) qui succède aux bénédictins de Saint-Maur concernant la publication de sources de l'histoire de France comme les annales médiévales par exemple. Depuis le début du XIXe siècle, elle s’attache principalement à l’étude scientifique des monuments, des documents, des langues et des cultures des civilisations de l’Antiquité, du Moyen Âge et de l’âge classique ainsi que de l’orientalisme. Parallèlement, est créée la Société de l'histoire de France qui publiera des Documents inédits sur l'histoire de France.

Un vent de préservation souffle. Il tend à remettre au goût du jour l'étude des documents anciens et l'amour des vieilles pierres : de nombreuses fouilles sont lancées dans divers pays d'Europe. Pourtant à la différence de l'Allemagne et de l'Angleterre, on s'intéresse encore trop peu au sol français. Notons que Désiré Louis Camille ENLART (1862-1927), formé à l'Ecole des Chartes, fait partie de ces archéologues du début du siècle, qui ont compris combien la photographie pouvait être utile à leurs travaux. Il a lui-même pratiqué la photographie à l'occasion de ses nombreux voyages en Espagne, Portugal, Scandinavie, Liban, Syrie et Chypre. On lui doit notamment Les monuments des croisés dans le royaume de Jérusalem, 1925-1927.

En 1830, on fonde la Société française d'archéologie. En 1832, à l'initiative de François Guizot, alors ministre de l'Instruction publique, est créé un «Comité historique des arts et monuments».  En 1837, apparaît la Commission des monuments historiques (du latin monere, "avertir, commémorer"). Définitivement mise en place par l'ordonnance royale du 19 février 1839, cette institution devait alors s'attacher à protéger les richesses architecturales et le patrimoine national, grâce notamment à l'action dynamique de Prosper Mérimée. Ce sont ses membres qui firent notamment appel à Viollet-le-Duc.

Par l'ordonnance royale du 11 septembre 1846, c'est l'Ecole française d'Athènes, institution française de recherche à l’étranger, qui voit le jour.

Durant les premières décennies du XIXè siècle s'impose alors progressivement un nouveau terme : celui d'archéologie. Ceux qui s'adonnaient à l'étude matérielle du passé étaient nommés "antiquaires", ils deviennent alors des archéologues aux ambitions de géologues, afin de prouver que l'histoire de la nature et celle de l'homme sont intimement liées. Dans ce domaine, Arcisse de Caumont (Bayeux, 1801 - Caen, 1873) s'illustre comme l'un des savants les plus acharnés de son temps et son Cours d'antiquités monumentales publié en douze volumes de 1831 à 1843 en témoigne. Militant inlassable pour la protection du passé et la défense des monuments historiques, le Moyen Age attise sa curiosité. Il fonde en 1823 avec plusieurs autres personnalités, la Société des antiquaires de Normandie et publie, l'année suivante, son Essai sur l'architecture du Moyen Age (principalement de Normandie).

 

b) L'Architecture : Eugène Viollet-Le-Duc (1814-1879)

 Eugène Viollet-Le-Duc (1814-1879) architecte à l'esprit novateur ne peut laisser insensible car il permit une redécouverte totale de l'art médiéval, étudiant dans le détail le patrimoine religieux, militaire et civil du Moyen Age. Mais bien vite, sous prétexte de sauver des monuments laissés à l'abandon, il se laissa emporter par un excès de restauration, jugé par les historiens et critiques du XXè siècle, plus ou moins hasardeux, voire même singulièrement fantaisiste. Il sera d'ailleurs l'objet de nombreuses et fréquentes attaques. Mais admettons tout de même que certains vestiges ont été sauvés de la ruine, Notre-Dame de Paris pour n'en citer qu'un ! Si l'on en juge par la liste, qui est loin d'être exhaustive, on remarque que cet artiste a voulu toucher à tout. Et loin de se cantonner à la restauration, il va même reconstituer de nombreux monuments médiévaux, tout en s'intéressant plus particulièrement à l'art gothique :

  • la basilique Sainte-Madeleine de Vézelay (1840 à 1859). C'est, comme nous l'avons vu plus haut, en 1840 (à 26 ans) que Prosper Mérimée, alors Inspecteur général des monuments historiques (depuis 1834) lui confie cette restauration, ceci marque le début de sa carrière,
  • Paris : il sera nommé, avec son ami Lassus, architecte de la cathédrale Notre-Dame (1844 à 1864),
  • la Sainte-Chapelle de Paris : restauration entreprise en 1840 sur l'invite de son ami l'architecte Jean-Baptiste Lassus,
  • l'ancienne église abbatiale de Saint-Denis, 1851-1879
  • Les cathédrales d'Amiens (1849), de Chartres, de Clermont-Ferrand et de Sens,
  • le château de Pierrefonds : reconstitution intégrale entreprise dès 1858 à 1870 à l'instigation de Napoléon III,
  • les remparts (1849) ainsi que la basilique Saint-Nazaire-Saint-Celse 1844-1865, de Carcassonne,
  • les basiliques de Saint-Denis et de Saint-Sernin à Toulouse en 1847 à 1877,
  • le château de Coucy de 1856 à 1866,
  • la cathédrale de Lausanne en 1874...


On se passionne alors tellement pour les ruines que l'on ira jusqu'à en créer tout spécialement pour orner les jardins (des églises dites gothiques seront également construites). Cette soif de couleur locale verra fleurir des fêtes costumées comme le fameux dîner Louis XI de Pierre Loti dont nous parlerons dans le prochain numéro.

 

c) La naissance de l'Histoire

 A cette époque, d'ailleurs, de nombreuses églises de style gothique sont construites ; on exhume également des monastères. Ce siècle donna donc véritablement naissance à l'Archéologie et, par là même, à l'Histoire. Bien que considérée comme une science totalement étrangère à l'esprit des hommes, face à l'urgence qu'il y a de faire resurgir le passé, le XIXè siècle sera celui de l'Histoire.
Cette "résurrection" se fera principalement autour de Jules Michelet (1798-1874). A travers son Histoire de France (1833-1844), composée de six tomes, cet historien passionné par les temps médiévaux - période qu'il enseigna à l'Ecole de France et qu'à force d'étudier, il finira par détester de façon très vive, lui reprochant sa trop longue durée - s'attache, dans les deux premiers tomes à restituer la vie intégrale des hommes depuis les origines jusqu'à la mort de Louis XI.

Augustin Thierry (1795-1856), quant à lui, se consacre à la recherche historique qu'il restitue sous la forme des Récits des Temps Mérovingiens (1840) afin d'aborder une histoire des origines des Nations. Cet historien suit Grégoire de Tours (VIè siècle) et fait revivre le passé de façon vivante.

Bien vite le sens de l'histoire entraîna la recherche d'une "couleur locale". En effet le meilleur moyen de retenir le passé n'est-il pas de diriger son esprit sur autre chose, d'inclure les formes anciennes dans la modernité, ce qui englobe les arts, les manières de penser et de s'exprimer ? De plus en plus de français lisent et apprennent l'histoire à travers les romans historiques.

 

III - Le succès du roman historique

En littérature, les jeunes romantiques auront une attitude quelque peu surprenante pour des auteurs, se voulant avant tout novateurs, en révélant leur goût immodéré pour le passé lointain qu'est le Moyen Age. On peut dire qu'au XIXè siècle apparaît véritablement un genre nouveaux : le drame historique. Je vous revoie pour cela au tableau des oeuvres et des auteurs. Chateaubriand revenant sur le passé depuis son Essai sur les Révolutions jusqu'aux Mémoires d'Outre-Tombe influencera nombre d'écrivains comme Augustin Thierry par exemple. Mais, avec Le Génie du Christianisme, il prônera à travers le Moyen Age, le retour à des valeurs chrétiennes.

a) Walter scott

« On nous promet le Monastère, un nouveau roman de Walter Scott, tant mieux, qu’il se hâte ! » écrivait Victor Hugo en 1820.

La France connaîtra le temps glorieux de l'Ecossais Walter Scott (1771-1832) qui introduira le roman historique, succès continu grâce aux traductions en français de ses oeuvres :

Ivanhoé (1819) entraîne le lecteur dans l'Angleterre de Richard Coeur de Lion.
Quentin Durward (1823), se situe dans la France du XVème siècle : la lutte entre Louis XI et Charles le Téméraire.
Charles le téméraire, ..."dans les cantons des Forêts, de la Suisse, et pendant l'automne 1474, que commence notre histoire."
Le Talisman (1825), dont l'action a pour cadre les croisades.
Anne de Geierstein (1829), lutte entre Louis XI et Charles de Bourgogne.

"Les Français de plus en plus nombreux à accéder à la lecture par le biais des journaux et des cabinets de lecture apprennent leur Histoire chez les romanciers qui la font revivre" écrit Claudine JOLAS dans son Etude d'un roman populaire LE BOSSU de Paul Féval. ("Féval semble avoir eu de bonne heure le goût du Moyen-Age . Les deux femmes du roi se situent sous le règne de Philippe-Auguste".)

b) Victor Hugo

En 1828, Victor Hugo conçoit la première idée de son roman historique Notre-Dame de Paris, véritable épopée en prose. Il admirait l'oeuvre de Scott et voulait y rajouter sentiment et poésie comme il l'écrit en 1823 :

"Après son roman pittoresque, mais prosaïque, il restera un autre roman à créer, plus beau et plus complet selon nous. C'est le roman à la fois drame et épopée, pittoresque mais poétique, réel mais idéal, vrai mais grand, qui enchâssera Walter Scott dans Homère..."

 

Notre-Dame de Paris (1831) sera Le chef-d'oeuvre du roman historique à l'époque romantique, grâce avant tout à une reconstitution minutieuse - malgré certaines erreurs de détails - de Paris à la fin du XVè siècle. Hugo n'avait, pour cela, pas hésité à consulter un grand nombre d'ouvrages techniques : la préparation de ce roman historique fut donc aussi minutieuse et scrupuleuse qu'on pouvait la faire à cette époque. Pour leur valeur suggestive et pittoresque, il voulut donner à ses personnages secondaires des noms choisis parmi les noms de personnages réels. Le succès fut tel que rapidement Hugo conçut le projet de donner deux autres romans, sorte de compléments à son oeuvre maîtresse qui ne furent jamais écrits tant le théâtre l'accaparait, mais qu'il annonçait en ces termes :

 

"La Quiquengrogne est le nom populaire de l'une des tours de Bourbon-l'Archambault. Ce roman est destiné à compléter mes vues sur l'art du moyen âge dont Notre-Dame de Paris a donné la première partie. Notre-Dame de Paris, c'est la cathédrale ; La Quiquengrogne ce sera le donjon. Dans Notre-Dame de Paris, j'ai peint plus particulièrement le moyen âge sacerdotal ; dans La Quiquengrogne, je peindrai plus spécialement le moyen âge féodal ; le tout selon mes idées, bien entendu, qui, bonnes ou mauvaises, sont à moi. Le Fils de la Bossue paraîtra après et n'aura qu'un volume."

 "Suite au prochain numéro!"

Elisabeth Féghali

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